Midrash et Pesher

« Midrash » comme « Pesher » signifie en hébreu une démarche de recherche sur l’Ecriture

Mais cette recherche peut se faire dans deux directions distinctes, voire opposées.

 

Dans le MIDRASH Le point focal de la recherche est l’Ecriture on part d’un verset de l’Ecriture que l’on explose dans toute sa polysémie. (On pourra ici consulter la fiche « parabole »).

·       - Soit à visée halakhique pour ouvrir son champ de signification à l’examen d’une pratique proposée à sa décision consensuelle des sages.

·        - Soit à visée haggadique s’il ne s’agit pas de fonder une pratique sur l’Ecriture mais tout autres sortes de spéculations.

 

Dans le PESHER Le point focal de la recherche est l’événement. On mobilise au contraire l’Ecriture à éclairer la signification d’un Evènement.

·   Dans le « pesher d’Habacuc » à Qumran, par exemple, tout le livre est mobilisé pour éclairer la signification de la conquête romaine. On pourra lire Mathias DELCOR le Pesher d’Habacuc ou la Pleïade BEI p.342s.


·  Dans l’Evangile de Mt tout l’Ancien Testament relatif à la figure de Moïse est mobilisé pour éclairer l’enfance de Jésus. On est dans le Pesher. (Chatherine Viale conférence Lille du 27 Novembre 2015).


·   Dans l’Evangile de Lc tout l’Ancien Testament relatif à l’Arche et au Temple est mobilisé pour éclairer l’enfance de Jésus. (Odile Flichy conférence Lille du 27 Novembre 2015)


·   Dans Mt et Lc il y a convergence sur David et Bethléhem au mépris du choix des textes servant au pesher de chacun des évangélistes. C’est donc que là encore c’est l’histoire qui a orienté les textes de référence et non pas l’inverse. L’histoire renvoie à Jésus Nazôréen crucifié avec ce « titulum crucis » qui d’après Martin Hengel : die Gekreuzigung avait valeur juridique au nom duquel un tyran pouvait perdre son poste (ce qui arriva à Pilate pour d’autres atrocités). Ce titulum crucis était donc une véritable carte d’identité officielle. Jésus était bien un « nazôréen » (voir la fiche sur referen-ciel) dont la souche était à Bethlehem et  les lieux d’implantation multiples : Jérusalem, Bethléhem, Nazareth (selon Is 11,1 NeTZeR qui donne « notzerim » pour chrétiens déjà dans la « birkat ha minim » (+80). Bonne étude dans NODET essai sur les origines du Christianisme Cerf 2002 p.250 – 266 lire surtout les notes 4 p.255 et 1 p.259). Voir aussi la fiche « Nazareth » dans referen-ciel. 

C’est cet incontournable fait historique qui a orienté les deux peshers de Mt et de Lc distincts dans leur visée (Moïse ou Temple) à intégrer une visée complémentaire commune autour de Bethlehem et des Nazoréens (Mt : On l’appellera Nazôraios quand il retourne habiter à Nazaret (Mt 2,23). Comme le titulum crucis, ce passé bethléhémite et nazôréen de Jésus est incontournable dans les Evangiles de l’enfance (Cf Ac 2,22 dans les premiers kerygmes).

Pour visualiser les fiches de la vidéo au format pdf,
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Les publications de référence :

les_seuils_de_la_foi

Editions Parole et Silence et Université Catholique de Lille

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