Arche d'Alliance

Selon Roland de VAUX (Institutions) l’Arche a pu représenter dans les combats inter-tribaux la fille du chef offerte en récompense au vainqueur et qui attendait l’issue du combat dans son char de guerre. Cette coutume se transforma peu a peu avec la royauté en char où résidait l’antidote des combats inter-tribaux : l’Alliance qui résultait de leurs tractations. Il pouvait y en avoir un dans le temple de chaque cité-état : à la cour du David policier du désert à Hébron, puis à Jérusalem. De même chez ses successeurs Salomon et Roboam. Un tel char a pu exister aussi au temps de Jéroboam puis d’Achab dans les sanctuaires du Nord (de Dan à Béthel, là où le dieu YHWH était juché sur un veau d’or). Après la découverte de l’alphabet au 9°s, ce char a pu contenir un texte écrit de ces tractations dans chaque cour de cité-état.

Quand, après la chute de Samarie, Ezéchias voulut réunir les tribus du Nord et du Sud, ce char devint le lieu où résidait l’Alliance commune entre les tribus du Nord réfugiées dans le Sud et la cour du successeur de David Ezéchias puis, après le règne opulent de Manassé, la cour de Josias. L’Arche contenant l’Alliance qui réunissait alors les tribus devint le lieu sacré par excellence, dans le Saint des Saints. On en retrace « l’histoire sainte » au temps des combats d’assimilation/rejet où elle préside aux combats pour lesquels les soldats doivent se garder purs de tout contact avec leur épouse (Uri le hittite).

Celui qui touche l’Arche est puni par Dieu sur le champ (1 S 4-6). On ne touche pas à l’arche sans mourir, de même qu’on ne touche pas au roi sans risquer d’être chassé du jardin royal (1 S 24 ; 26) Le fait que David ne touche pas à Saül, l’oint de YHWH, qui le poursuit conforte ce principe mais en direction cette fois du Roi du Sud, en même temps qu’il montre que c’est le Nord qui est fautif en poursuivant David et devra donc être chassé). Après l’installation de David à Jérusalem (2 S 6), elle devient le symbole du pouvoir royal et David danse nu devant l’arche son épouse.

L’arche lui appartient donc et va siéger à Jérusalem. Ceci au grand dam de la fille de Saül, qui lui a été donnée en mariage. Pour n’avoir pas accepté ce transfert de culte de la divinité, elle mourra sans enfant. Est-ce Salomon qui a construit le temple de l’Arche ? Les générations entre David et Ezéchias n’en peuvent rien savoir de cette arche, puisque le mobilier du temple de Salomon a été raflé par pharaon Shéshonq à la date supposée de (-930) (invérifiable car ne correspondant pas aux archives égyptiennes). Il en résulte que l’on a imaginé que l’arche disparue se trouvait en Egypte (1 R 14,25s ; 2 Ch 12,2-9). David n’a pas construit le Temple mais son fils Salomon (la disparition de l’arche sera alors attribuée au fils de la reine de Saba et de Salomon, Ménélik, qui l’aurait emmenée à Aksum en Ethiopie, où elle est encore vénérée) (hypothèse farfelue). De même que David n’a pas construit le temple mais Salomon, pareillement Ezéchias n’a pas construit le Temple mais Manassé (au prix d’une collaboration éhontée) et sera enfin consacré par Josias qui y mettra l’arche d’Alliance.

Laquelle deviendra, avec les tables de l’Alliance, l’arbre de la connaissance du bien et du mal supplantant l’arbre de vie des cultes au Baal. (2 Ch 35,3 la situent encore à Jérusalem au temps de Josias). L’arche, lors de la prise de Jérusalem par Babylone, n’est pas mentionnée dans le mobilier pris au Temple de Jérusalem (2 R 25,13-15).

Qu’est-elle devenue ?
Ceux qui reconstruisent le temple au retour la voient cachée par Jérémie avant la prise de Jérusalem, sur la montagne « d’où Moïse contempla l’héritage de Dieu » (2 M 2,4). On en a conclu que l’arche se trouvait encore au mont Nébo. Les fouilles faites au mont Nébo n’ont rien donné. Par contre celles menées au mont Pisga près du Nébo ont révélé une arche sous une Eglise byzantine dans un monastère franciscain. Mais cette arche montre des traces de retouches récentes. Il est clair que ceux qui ont reconstruit le temple avec Aggée et Zacharie ont voulu assurer une continuité entre l’ancien temple et celui qu’ils reconstruisaient. Mais la cachette de Jérémie n’ayant pas été retrouvée, ils pouvaient en marquer l’emplacement simplement par l’Even shetiyyah, une pierre de fondation dans l’emplacement de l’arche.

Récemment (2012) Ron Wyatt a voulu explorer cette piste et a trouvé sous le calvaire dans le jardin aux multiples tombes où fut enterré Jésus et juste au dessous de l’emplacement de la croix, une caisse dorée pouvait représenter l’arche. Elle serait saupoudrée de poussière de sang qui viendrait du calvaire juste au-dessus, par une fente qui serait advenue lors du tremblement de terre qui a suivi la mort du sauveur. Ainsi le texte de Paul (Rm 3,25) disant que par sa mort, le Christ a été notre kapporet (lieu entre les deux anges de l’arche d’Alliance) aurait son illustration dans les faits et pas seulement dans la théologie de Paul. Mais on sait que les croisés aimaient ce type de vérification théologique et ont pu la construire de toute pièce dans les remaniements opérés pour construire le Saint Sépulcre (l’archéologie israélienne y travaille encore).    

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