Noces de Cana

Les Noces de Cana

« Le troisième jour », un mercredi, est en judaïsme jour de célébration des noces présidées par Elie. Dans le calendrier solaire, de Qumran ou du livre des Jubilés,  la semaine, comme l’année, commence toujours un mercredi. Jean a ouvert son Evangile par le prologue consacré au Verbe créateur et il poursuit avec la première semaine du nouveau monde. Celle-ci commence un mercredi avec Jean Baptiste (Jn 1,19) et s’achève au mercredi de Cana.

Jésus, révélé comme Elie, Agneau de Dieu (Jn 1,29), par le Baptiste, est invité à des noces avec ses disciples. Le vin manque. Dans le contexte apocalyptique du récit on ne peut manquer de se rappeler qu’à Qumran on célébrait les eucharisties avec du pain et de l’eau en attendant que le Messie davidique vienne pour les célébrer avec du vin (Règle annexe de la communauté II,19). Nathanaël, deux versets plus haut a déjà confessé Jésus comme « fils de Dieu et roi d’Israël ».
  
Marie, elle aussi, est attentive au mystère de son Fils. Elle voit que les noces n’ont plus de vin. Sans doute passe-t-elle rapidement de la situation réelle à ce qu’elle espère du fond de son cœur. Elle dit simplement : « Ils n’ont plus de vin ». Jésus lui répond en l’appelant « Femme », comme il le fera au Calvaire (Jn 19,26), et il ajoute : « Mon heure n’est pas encore venue ». Lui aussi voit plus loin que l’événement des noces auxquelles il assiste. Mais voilà, l’heure où comme David il sera intronisé sur la croix pour les Noces où, tout étant achevé, il pourra confier le disciple à sa mère comme à la nouvelle Eve, cette heure n’est pas encore arrivée. Marie sait bien que ce qui n’est pas encore achevé est déjà accompli en son Fils. Aussi dit-elle : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Jésus voit six grandes jarres d’eau destinées aux purifications. Remplissez-les… Portez-les au maître du repas. Ce dernier goûte et reconnaît le bon vin qui vient contre toute attente au moment où il n’y avait plus de vin.

Tout prend sens désormais. L’eau des purifications est remplacée par le vin. Jésus n’est pas seulement le prophète Elie mais le nouveau David attendu pour le temps des noces. Quelques lignes plus loin dans l’Evangile, Jésus dira : « Détruisez ce Temple… Je le rebâtirai en trois jours ». Serait-il déjà aussi le prêtre ? Tout cela nous oriente vers « l’heure » de la Pâque, puisque c’est cette purification du Temple qui le fera condamner devant le Sanhédrin (Mt 26,61). De nouveau, on se rapproche de « l’heure » où Jésus ne célèbrera plus son Eucharistie avec de l’eau mais avec du vin dont il dira qu’il est son propre « sang versé pour la rémission des péchés ».
 
Mais ce n’est encore que le premier « signe » fait à Cana. Tout l’Evangile de Jean en déploiera le sens pour le « Salut » du monde. Mais déjà les disciples ont vu « sa Gloire », cette Gloire qu’il partage avec le Père, et ils crurent en Lui. Nous goûtons l’héritage de Cana en chaque Eucharistie comme en chacune des « noces » qui s’accomplissent en Lui. 

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